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Pénurie d’enseignant : le nombre d’étudiants inscrits cette année en filières pédagogiques en net recul

@Pexels - Fauxels

Le nombre d’étudiants s’étant engagés cette année dans des études pour devenir instituteur ou régent a fortement baissé par rapport à l’an dernier, passant de 5.610 à 4.342, selon des données préliminaires fournies mercredi par la ministre de l’Enseignement supérieur, Françoise Bertieaux (MR), devant le Parlement.

Selon la ministre, il est cependant prématuré d’attribuer cette diminution de 22% au récent allongement de la formation initiale des enseignants.  Depuis cette année, les études pour devenir instituteur maternel et primaire ou régent (enseignant dans le secondaire inférieur, ndlr) sont en effet passées de trois à quatre années, sans qu’aucune revalorisation barémique n’ait été programmée à ce stade. Selon Mme Bertieaux, les données disponibles ne livrent pas une image uniforme du phénomène.  Si certaines écoles normales ont en effet vu leur nombre de nouveaux étudiants diminuer, d’autres, en fonction de leur spécialisation de formation ou de leur localisation géographique, n’ont pas enregistré la même évolution.  « Une analyse plus approfondie doit être menée pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé », disait-on mercredi auprès du cabinet de Mme Bertieaux.

Une tendance semble toutefois claire dès à présent, à savoir une forte diminution des primo-inscriptions dans la filière préparant au métier d’instituteur maternel.  Dans ce cas précis, il semblerait en effet que les étudiants ont clairement préféré opter pour la formation de puéricultrice qui est restée à trois ans d’études. Même s’il doit encore être analysé dans le détail, ce reflux d’intérêt pour les filières pédagogiques constitue une mauvaise nouvelle pour le monde scolaire, confronté ces dernières années à une forte pénurie d’enseignants. Cette diminution de 22% enregistrée cette année s’inscrit en effet dans une tendance baissière à l’œuvre depuis plusieurs années déjà dans ces filières.

Interrogé mercredi, Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement, fait, lui, clairement le lien avec l’allongement des études sans que celui-ci n’ait été assorti d’une revalorisation salariale. « Le gouvernement avait prévu de constituer un groupe de travail pour réfléchir à d’éventuels nouveaux barèmes. Mais celui-ci ne s’est pas encore réuni une seule fois! », peste le syndicaliste qui ne se dit nullement surpris par les chiffres livrés mercredi. « Quel jeune aurait en effet envie de s’engager dans des études sans savoir précisément ce qu’il gagnera demain? », lance-t-il. De plus, le flou actuel sur l’organisation future de la grille horaire dans le secondaire inférieur -en lien avec la réforme en cours du tronc commun- n’offrirait, selon lui, pas non plus suffisamment de clarté à certains candidats enseignants sur leurs affectations et attributions futures.

Sans parler du malaise social exprimé ces dernières années par les profs pour dénoncer leur surcharge de travail ou les classes surpeuplées notamment.  « C’est clair que tout cela ne donne pas une image très attirante du métier… », conclut M. Thonon. (INT, POL, EDR, THA, BPE, fr)

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