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Comment entreprendre pendant son Erasmus ?

@Unsplash - Tought Catalog

Rédigé par Marie-Ève Rebts pour Studéo

Moins connu que son équivalent pour les étudiants, le programme Erasmus pour jeunes entrepreneurs permet de combiner mobilité internationale et découverte de l’entrepreneuriat. C’est aussi une expérience basée sur l’échange et l’enrichissement mutuel.

Partir en Erasmus n’est pas seulement réservé aux étudiants ! On le sait moins, mais il existe aussi des formules d’échange européennes destinées à d’autres publics, comme l’Erasmus pour jeunes entrepreneurs. Son principe : permettre à des porteurs de projets ou jeunes chefs d’entreprises de passer 1 à 6 mois auprès d’un entrepreneur expérimenté basé dans l’un des 45 pays impliqués dans le programme. Il s’agit majoritairement de nations de l’Union européenne mais aussi des alentours comme le Monténégro, la Turquie, l’Islande, etc. 

« L’échange est réservé à de jeunes entrepreneurs non en termes d’âge, mais de maturité du projet, précise Pierre Herfurth, conseiller chez Hub.Brussels, l’un des points de contacts belges du programme. Pour participer, il faut soit avoir un projet concret, soit avoir lancé son entreprise depuis moins de 3 ans, peu importe le secteur. » Les entrepreneurs d’accueil doivent quant à eux diriger ou gérer une société depuis plus de 3 ans dans l’un des pays participant, et bien sûr être désireux de partager leur expérience. 

L’Erasmus pour jeunes entrepreneurs ne fonctionne cependant pas à sens unique ou avec une subordination comme dans un stage, l’échange va dans les deux sens. « Les jeunes entrepreneurs choisissent au départ les compétences qu’ils veulent développer durant leur séjour mais ils peuvent eux aussi apporter des choses à leurs semblables expérimentés, comme par exemple un regard neuf et/ou différent sur leur société, explique Pierre Herfurth. Il s’agit souvent de compétences autour du marketing digital par exemple, mais cela peut être très varié. En accueillant des jeunes entrepreneurs provenant d’autres pays et parfois aussi d’autres secteurs, les dirigeants expérimentés peuvent également bénéficier de nouveaux débouchés commerciaux, d’informations sur des marchés étrangers, etc. 

Un programme flexible

L’aspect international de l’échange peut sembler secondaire par rapport à la dimension mentorat, mais il apporte une plus-value. « L’Erasmus permet de développer une série de compétences qu’on peut tout aussi bien acquérir auprès d’un entrepreneur expérimenté de son pays, reconnait Pierre Herfurth. Toutefois, le fait de partir dans un autre pays favorise la mobilité internationale et est une bonne façon de se créer un réseau à l’étranger. L’aspect langue est aussi un atout. Surtout, le séjour à l’étranger permet de découvrir des business models différents, ou des techniques spécifiques qui n’existent pas en Belgique. Ces dernières années, nous avons eu des participants qui partaient dans certains pays pour y découvrir des techniques d’écoconstruction ou de restauration spécifiques. »

Ce genre de séjour peut donc apporter de précieux éléments à un projet entrepreneurial en cours. Il n’est pas rare non plus que les jeunes chefs d’entreprises participent à l’Erasmus pour étendre leur clientèle à l’international, même si mener de front un séjour à l’étranger et une société en cours de développement peut s’avérer compliqué.

Heureusement, le programme prévoit des aides financières et une certaine flexibilité en terme d’organisation. « L’échange dure 1 à 6 mois et il peut être fragmenté en plusieurs séjours à l’étranger, souligne Pierre Herfurth. Les entrepreneurs d’accueil ne peuvent pas employer les jeunes mais ils peuvent les défrayer et la Commission européenne prévoit une bourse mensuelle de 550 à 1100 euros selon les pays. On peut combiner cette bourse avec différents revenus dont l’allocation de chômage. »

Différents débouchés

Pour accéder au programme, il n’est pas nécessaire pour les jeunes entrepreneurs d’avoir déjà créé leur entreprise, mais ils doivent au moins disposer d’un business plan réaliste et cibler les compétences qu’ils souhaitent développer lors de l’échange. Les points de contacts locaux sont là pour les accompagner dans les démarches et les aider à tirer le meilleur parti de cette expérience. 

Pierre Herfurth constate que l’Erasmus pour jeunes entrepreneurs génère des retours positifs, et surtout des débouchés très variés « Les entrepreneurs gardent souvent de bons contacts entre eux et il arrive qu’ils collaborent par la suite, voire que certains participants soient embauchés par leur entrepreneur d’accueil. Il n’est pas obligatoire que les porteurs de projets lancent une entreprise après l’expérience, et certains ne le font d’ailleurs jamais ou franchissent le pas un peu plus tard pour diverses raisons. » La participation à l’Erasmus pour jeunes entrepreneurs offre en effet une confrontation directe avec la réalité du métier d’entrepreneur, pour le meilleur… comme pour le pire !

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Écrit par Studeo

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