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J’ai discuté avec mon coloc #3 : le consentement sexuel

« J’ai discuté avec mon coloc », c’est quoi ? C’est la rubrique dédiée aux opinions, billets d’humeur, coups de cœur et coups de gueule des étudiants. Pour chaque « J’ai discuté avec mon coloc », on aborde une thématique sous la vision d’un étudiant de Belgique francophone. Tu es étudiant·e et tu voudrais parler d’un sujet en particulier ? Contacte-nous.



Qu’est-ce qui t’excite, toi ? Le consentement ! 

Je suis en train de regarder pour la deuxième fois SexEducation. Je trouve que cette serie est vraiment une mine d’or, elle libère les paroles autour du sexe et à l’inverse d’être génante, elle est marrante! Attention petit spoil : je suis au moment où un pauvre type se branle sur Aimée (une jeune fille) dans le bus, sans qu’elle n’ait rien demandé ni même consenti. Elle finit avec du sperme sur son bootcut et demande à sortir du bus. Un peu paumée, elle ne prend pas conscience de ce qui vient réellement de se passer. Dans d’autres circonstances, j’ai été Aimée. Et sur le coup, j’ai aussi fui et n’ai pas pris vraiment conscience de la gravité. Et pourtant, ceci est une agression sexuelle. Aujourd’hui, je veux vous parler de la notion de consentement.

Psstt, si vous avez envie de sauter le cap de manière consentie, Kotplanet vous donne ses conseils pour votre première fois. Et si jamais, voici les conseils pour faire l’amour si vous êtes en coloc, parce que oui, ça peut vite être gênant. 

Qu’est ce que le consentement ? 

Donner son consentement c’est “donner son accord à une action, à un projet” (Larousse). Le consentement sexuel est donc le fait de donner son accord pour avoir des relations sexuelles/intimes avec un ou des partenaires. Il est d’une grande importance étant donné que sans consentement, l’acte sexuel est un viol ou une atteinte à la pudeur. 

Le consentement sexuel doit être : 

  • Mutuel : l’ensemble des parties concernées (parce que oui, parfois, faire l’amour c’est à plusieurs!) doivent donner leur accord. 
  • Volontaire : le consentement ne doit pas être manipulé, forcé, influencé. Il ne peut pas non plus être donné par une personne qui est dans un état second ou même inconsciente. 
  • Clair : ne laissons pas place aux insinuations qui peuvent être mal interprétées. 

Des mythes à déconstruire ! 

“Mais des fois quand elles disent non, ça veut dire oui.” ! FAUX

23% des jeunes pensent que les femmes aiment être forcées. Ils s’imaginent que la violence sexuelle les excite et qu’elles disent “non” mais pensent “oui”. 

A la limite, on aurait le fantasme de se faire violer, non mais ALLO QUOI ? Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire des jeux de rôle ou aimer le SM, mais qu’il est primordial qu’il y ait consentement préalable sur l’ensemble des actes. 

Le “Ah, mais je croyais que tu étais d’accord” une fois que l’acte est passé, à d’autres !

1/ Le non consentement prend uniquement la forme du “non” ! FAUX

Certain.es arriveront à exprimer leurs (non) envies et à dire à haute voix le mot “non” de manière très explicite. D’autres hésiteront, dormiront, changeront d’avis, ne seront pas en état de consentir. Toutes ces situations sont pourtant égales au non consentement. 

Actuellement, selon 25% des jeunes, ne pas être sûr.e de ce qu’on veut signifie être d’accord. Arrêtons d’interpréter !  Iel m’aguiche, iel est habillé.e sexy, iel m’a envoyé des nudes, iel m’a embrassé.e, iel est venu.e danser collé-serré près de moi, ne signifie pas qu’iel m’a donné son consentement. 

Et si on prenait le problème dans l’autre sens. Et si, au lieu de devoir se préoccuper de savoir si l’autre dit  “non”, on se préoccupait plutôt de savoir s’iel dit “oui” ? Parce que le vrai consentement, c’est de demander l’autorisation. L’autorisation de pouvoir embrasser l’autre. L’autorisation de commencer à le déshabiller. L’autorisation de le toucher. Et avant que vous ne disiez  “Non mais ça casse tout de demander ça”, je vous renvoie au titre de cet article. Le consentement est sexy ! 

2/ En couple, pas besoin de consentement !  FAUX

Que ça soit un coup d’un soir, votre copain/copine depuis 3 mois ou votre mari/femme depuis 30 ans, le consentement a la même importance. On ne doit rien à l’autre. Le devoir conjugal est un mythe qu’il faut à tout prix abattre. Depuis 1989, le viol conjugal est interdit par la loi. Pourtant, en 2020, 23% des femmes ont subi des relations sexuelles forcées par leur partenaire.  

Que dit la loi exactement ? 

La majorité sexuelle est fixée à l’âge de 16 ans. En d’autres termes, passé cet âge-là, vous êtes libres d’avoir des relations sexuelles consenties. Avant, tout acte de pénétration sexuelle est considéré comme un attentat à la pudeur (consentement ou pas) si vous avez plus de 14 ans ou comme un viol si vous avez moins de 14 ans. 

Il y a encore quelques mois, je pensais que seul le viol était interdit par la loi. Je n’avais jamais pris conscience qu’il y avait deux sortes de violences sexuelles : le viol et l’attentat à la pudeur. A l’inverse du viol, l’attentat à la pudeur est un acte sexuel sans pénétration auquel la victime n’a pas consenti. Cela englobe aussi bien les attouchements, les baisers, les caresses non désirées que la contrainte à dévoiler ses parties intimes. Les violences sexuelles sont interdites par la loi. L’agresseur risque un emprisonnement de 6 mois à 15 ans pour l’attentat à la pudeur et de 5 à 30 ans pour le viol.  

Actuellement, la loi belge ne définit pas la notion de consentement. Etrange, étant donné que la loi définit le viol et l’attentat à la pudeur comme étant des actes non consentis. (C’est bien encore un truc à la belge ça !). 

Un mot pour la fin 

Il est temps que la société prenne conscience que ce consentement est essentiel. Il est temps qu’elle comprenne que “Qui ne dit mot, ne consent pas” et qu’à tout moment, nous pouvons changer d’avis. 

Ce n’est pas parce qu’iel nous a laissé le/la raccompagner après une soirée que nous pouvons rentrer chez iel. Ce n’est pas parce que nous sommes avec iel depuis 6 mois que nous devons imposer nos envies. Ce n’est pas parce que nous avons dit oui que nous ne pouvons plus dire non. 

Je suis une Aimée, comme tant d’autres. Et pourtant je rêve encore d’une société où personne n’imposerait ses pulsions sexuelles aux autres, où personne ne se comporterait comme s’iel avait les droits sur un autre corps. Je rêve d’une société où le consentement serait respecté. Faisons de ce rêve une réalité. 

Source : 

Zanzu, Attentat à la pudeur et viol.

Planningsfps, Consentement : que dit la loi?

Amnesty, La notion de consentement sexuel.

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Écrit par Guiot Orlanne

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