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Le slow tourisme face au tourisme de masse

feu de bois deux filles slow tourisme

Le concept du slow travel séduit de plus en plus d’étudiants chaque année. Profiter d’un lieu en profondeur plutôt que de sauter d’un endroit à un autre, c’est la base de cette tendance moderne. Elle permet de s’immerger totalement dans la synergie d’un lieu et de l’explorer sous toutes ses facettes. Le slow tourisme est une alternative au hard tourisme, et propose un mode de voyage plus respectueux de l’environnement. 

Cet hymne à la lenteur fait face à une consommation toujours plus excessive de notre vie, à une ère où vitesse est maître-mot. Le slow travel pour faire face au tourisme de masse, on t’en parle de suite ! 

1/ Slow tourisme : quand prendre son temps a du bon 

“Et toi, combien de pays as-tu visité ?”. La question ultime des baroudeurs fait aujourd’hui grincer des dents. En effet, entre multiples tours du monde postés sur les réseaux sociaux et photos d’influenceurs au quatre coins du monde, on a souvent tendance à dresser une petit compétition. 

Pour tenter de rivaliser avec le voisin, on établit une liste ridiculement longue de ses prouesses : bateaux pris, logements réservés, villes visitées,… Sans même s’en rendre compte, on dresse son état des lieux comme lors de l’examen de compatibilité de fin d’année. Les chiffres se multiplient, et bientôt n’ont de sens que les statistiques, érigés en symbole de notre succès touristique. Déjà que de base t’aimes pas trop les chiffres, mais là c’est vraiment abusé !

Aujourd’hui, il n’est pas exagéré de dire que nous consommons notre vie à un rythme effréné. Comme lorsque l’on travaille ou qu’on étudie, le voyage est désormais une affaire de productivité et tente de rentabiliser les coûts en maximisant les expériences vécues à travers des visites guidées et des circuits millimétrés. Marchant au pas et de façon bien organisée, chaque minute est utilisée soigneusement, et on coche un à un les spots vus sur une bucket list. 

La standardisation vacancière, c’est désormais l’un des piliers de notre ère dévouée à la vitesse et la productivité. Pour ne pas perdre de temps pendant ses vacances, on réserve nos séjours bien à l’avance et établissons un planning de nos journées sur place. On a jamais été organisé de notre vie, pire que des étudiants en événementiel ! Le slow tourisme, au contraire, laisse place à l’improvisation et apprend à réagir aux imprévus. 

Curieusement, on répond à notre besoin de profiter un maximum de notre temps libre en remplissant ce dernier de tâches chronophages et lourdes. 

Voyager comme on bosse semble être le nouveau fléau des plages et des sites touristiques. 

Pour répondre à cette pression de plus en plus forte, les adeptes du slow tourisme défendent une nouvelle manière de voyager. Dans notre société, l’efficacité et la productivité sont souvent synonymes de compétence, et se reposer peut être très mal perçu. 

Il est donc parfois difficile de se restreindre à une activité par jour, voir pas d’activité du tout. Pourtant, plus la pression au travail est forte, plus la demande alternative du slow tourisme s’impose. 

On ressent le besoin de se poser, de profiter pleinement d’un moment, quitte à ne rien faire. Cela permet de retrouver le sens du voyage, et de remettre l’humain au centre. Et c’est exactement ce que propose le slow tourisme, en émergence depuis plusieurs années. 

2/ Photographie-moi un voyage 

En novembre 2000, le premier téléphone avec un appareil photo intégré est né. Qui aurait pu savoir à ce moment que cette faculté viendrait peu à peu remplacer l’un de nos sens les plus essentiels : la vue. Aujourd’hui, on voit à travers nos téléphones. Vous avez tous déjà observé ces dizaines de personnes filmant un événement plutôt que de le regarder à travers leurs yeux. 

Les réseaux sociaux ont largement contribué à cette numérisation de notre regard, et notamment Instagram. On suit des influenceurs voyageant au quatre coins du globe, des professionnels qui nous montrent sans cesse des paysages toujours plus époustouflants. Et franchement ça nous fait bien baver, pas étonnant qu’on veuille faire la même chose ! Dans notre petit kot de 10 m² on veut aussi partir à l’aventure !

Aujourd’hui, on partage de plus en plus notre vie sur internet, cherchant malgré nous la validation de nos pairs. Peut-être est-ce du à l’évolution de la société en un système où le paraître devient prédominant ? 

Instagram devient ainsi le moyen de devenir “tendance” et on privilégie cette volonté d’intégration au moule au détriment d’un style de voyage plus naturel. 

Selon une étude réalisée par One Poll, les voyageurs réservent désormais leur vacances en fonction notamment du potentiel “instagrammable” de la destination. Premiers sur le podium, les italiens sont 58% à fonctionner de cette manière, suivis par les espagnols et les américains. 

En France, c’est notre génération, les millenials, qui sommes les plus adeptes de cette pratique. Les voyageurs à la publication compulsive représentent 59% de nos camarades. Afin d’avoir la plus belle photo possible, on ne profite pas réellement de son expérience sur place. 

Voir parfois on se met en danger. On ne compte plus le nombre de récits contant les frasques de ces influenceurs en herbe, qui cherche toujours à avoir le meilleur cliché pour leur profil. 

Alors qu’on se rend vite compte que finalement nous avons tous les mêmes. À force de checker des listes sur Pinterest, de s’inspirer d’une photo pour planifier son voyage, on finit par faire le même tour que tout le monde. 

On s’approprie le voyage des autres, et notre expérience “authentique” se transforme en un grand plagiat. On oublie de se laisser surprendre, et partageons exactement les mêmes photos sur Instagram. 

3/ Et niveau conséquence, ça donne quoi ? 

Il est très tentant de collectionner les images et de multiplier les destinations instagrammables en partant une fois le cliché posté. 

Plusieurs agences organisent même des circuits touristiques en fonction du potentiel Instagram des lieux. 

Mais ce catalogage des destinations n’est pas sans conséquences. En effet, être des milliers à mettre en scène le même spot ou la même plage conduit à des regroupements en masse. Cette concentration de touristes au même endroit est un enfer pour les locaux, qui protestent de plus en plus contre le tourisme de masse.  

Cette “tourismophobie” soulève un vent de révolte en Europe. À Saint-Sébastien (Pays Basque espagnol), une manifestation a réuni plus de 500 personnes pour protester contre l’invasion touristique. 

Barcelone s’insurge contre les locations de meublés touristiques (AirBnB) qui pullulent en ville. Les boutiques de souvenirs remplacent magasins traditionnels et les commerces ne reflètent absolument plus la vie authentique de la ville. 

Symbole flagrant de ce changement urbain, à Venise, la seule boutique de sous-vêtements de la ville à mis la clé sous la porte. Un photographe a même documenté les dommages causés par les bateaux touristiques dans la ville. 

Autre conséquence de cette uniformisation du tourisme : la dégradation de l’environnement, et de sites protégés. À Maya Bay, la plage du célèbre film “The Beach”, on a du interdire l’accès afin de laisser le temps au corail de se reformer. 

Sylvie Brunel, géographe et auteure parle d’une “Disneylandisation” de notre bonne vieille planète. Les gens conçoivent peu à peu le monde comme un immense parc d’attractions assurant la meilleure expérience possible. 

Selon elle, on propose avec nos circuits limités “l’aventure en toute sécurité, la nature authentique près du parking”. 

Tout comme les parcs à thème, les sites touristiques s’entourent eux aussi de boutiques de souvenirs et de shops qui n’ont plus rien de naturel. Comme un enfant dans son parc d’attraction préféré, on enchaîne les expériences “sensationnels” en oubliant de découvrir la nature telle qu’elle est vraiment. 

Si tu as envie de faire quelque-chose de cool tout en respectant maman nature, on te conseille vraiment le slow tourisme ! Il permet de redécouvrir la nature sous sa forme la plus simple, sans artifices. Il invite à être plus éco-responsable et sensibilise grandement à la cause écologique, si chère aux étudiants. 

En choisissant des moyens de transport plus longs, certes, mais moins polluants, tu en découvres plus sur un endroit qu’en voyageant seul avec ta voiture. Le déplacement fait ainsi partie intégrante du voyage et doit être apprécié comme une expérience à part entière. 

Franchement, profiter de la nature au maximum après les examens, c’est pas la crème de la crème ?

Bien que l’ode à la vitesse ait encore de belles heures devant elle, les étudiants sont de plus en plus séduits par cette alternative qui déclare que prendre son temps, ce n’est pas perdre son temps. 

Si tu veux en apprendre plus sur le slow tourisme, va voir dans notre rubrique Dossiers.

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Écrit par Suzy W.

Journaliste stagiaire chez Kotplanet. Fervente défenseuse de l'humour dans ce monde de brutes, j'adore les pâtes bien cuites et les chiens.

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