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Prendre soin des publics LGBTQI+

@Pexels - Monstera

Rédigé par Flora Eveno pour Studéo

Le projet « Go to gynéco ! » a fêté en mai ses 5 ans au Crazy Circle, un bar queer féministe bien connu de la communauté lesbienne. L’occasion de revenir sur ce projet axé sur la prise en charge du public « lesbien, bi and co », mais aussi toute personne en recherche de bienveillance dans le corps médical.

En 2020, l’Observatoire du Sida et des sexualités en Belgique pointait l’inégalité d’accès et le non-recours aux soins de santé des publics minoritaires (comprenant notamment les LGTBQI+). Des données accentuées et renforcées par une méconnaissance globale du personnel soignant face à ces patient·e·s minoritaires. Dans une étude annexe, la chercheuse Sandrine Detandt, docteure en psychologie, s’intéressait à « l’invisibilité lesbienne » ou le fait que le public lesbien ne soit pas informé de ses besoins en terme de santé, qu’il y ait plus d’obstacles dans l’accès aux soins et qu’il y ait peu ou pas de représentation lesbienne dans les cadres de l’action publique. Tous ces facteurs contribuent à une mauvaise santé sexuelle de la communauté. Les lesbiennes attrapent trois fois plus d’IST (Infection Sexuellement Transmissible) que les hétérosexuelles (selon des chiffres de SIDA’SOS et Tels Quels).

C’est pour former les professionnel·le·s de santé à recevoir le public « lesbien, bi and co » et informer la communauté lesbienne en termes de santé que s’est créé « Go to gyneco ! » Rencontre avec Valérie-Anne Duyck, chargée de communication, et Lile, une volontaire pour le projet.

Comment agit Go to gynéco ?

Valérie-Anne Duyck : Il y a deux axes de travail : celui qui s’adresse à la communauté lesbienne, bie and co et celui qui s’adresse aux professionnel·le·s de santé. Pour le premier axe, on s’appuie sur une approche qui est celle de l’éducation par les pair.e.s, c’est-à-dire que ce sont des personnes intégrées à la communauté lesbienne qui vont informer les personnes de la communauté. On travaille avec un réseau de volontaires, dont je me charge avec une collègue. Pour informer et sensibiliser la communauté, on a plusieurs outils : un site web, des brochures, des évènements, un système de recherche / recommandation de professionnel·le·s de santé. Cette année, on était au L-Festival où on a donné une formation sur le consentement dans les soins.

Comment travaillez-vous avec les professionnel·le·s de santé ? 

VAD : En général c’est un centre de planning familial, un centre médical ou une association qui nous contacte pour donner une formation à leur personnel. Souvent les professionnel.le.s de santé n’y connaissent rien alors on leur apprend les bases, on leur demande leurs attentes et leurs besoins. Il y a toujours beaucoup de questions. Quand il·elle·s découvrent qu’il y a des moyens de contraception qu’ils ne connaissaient pas, qu’il y a d’autres manières d’aborder leurs patientèle, il·elle·s se rendent compte que leur discours était très hétéronormé. Il y a souvent beaucoup d’étonnement mais aussi beaucoup de remerciements à la fin. 

Nous avons aussi un partenariat avec les asbl Ex aequo et Genres Pluriels coordonné par le Plan d’action LGTBQI+ pour donner cours dans des universités et hautes écoles comme l’UCL, l’ULB et l’ULg. Il s’agit de cours à option sur la santé LGBTQI+ pour les étudiant·e·s en dernière année de médecine en assistanat. Dans ces classes, il y a une vingtaines d’étudiant·e·s qui sont formés à aborder les publics HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes), trans, inter et lesbien. En plus des associations, il y a aussi des interventions de Myriam Monheim, psychologue et thérapeute systémique, superviseuse dans les champs psycho-médico-sociaux.

Quelles sont pistes de développement du projet ?

Lile : Actuellement, on est en train de développer le site web. On veut informer davantage sur le consentement dans les consultations médicales, sur nos droits, les gestes à adopter… étendre notre base de données à d’autres professions. Je voudrais préciser aussi que ce n’est pas parce que Go to gyneco ! cible une communauté qu’elle ne s’adresse qu’à elle. Il y a toujours des informations bonnes à prendre pour tout le monde et tout le monde peut profiter du projet.

VAD : On a aussi des personnes qui ont vécu des violences obstétricales, gynécologiques ou autres qui viennent nous voir pour trouver des professionnel·le·s qui ont été formé·e·s à une bonne prise en charge, qui ont une sensibilité, qui communiquent bien et qui gèrent la question du consentement, des personnes safe et bienveillantes.

Quels sont les conseils essentiels et universels à donner en terme de santé sexuelle ?

VAD : Il y a évidemment le fait de s’assurer du consentement, de s’informer à ce propos, de se protéger, de savoir quelles sont les protections disponibles et puis aussi se faire dépister et se renseigner sur les centres de plannings qui existent. Dans les universités, c’est souvent gratuit donc il n’y a pas de raisons de s’en priver.

Lile : Je crois qu’il faut aussi réussir à parler sans tabou des sujets sexuels, apprendre à communiquer, apprendre à se connaître et se découvrir pour partager davantage !

Appel à volontaires

L’asbl O’YES dont fait partie le projet Go to gyneco ! est toujours à la recherche de volontaires pour sensibiliser, informer, communiquer autour de la sexualité. C’est une bonne occasion pour rejoindre une équipe jeune et dynamique, se faire des contacts et ajouter une belle ligne sur son CV. Rendez-vous sur : www.o-yes.be/deviens-volontaire

Depuis sa création, Go to gyneco ! a constitué une base de données de professionnel·le·s “safe” et bienveillant·e·s qui repose sur les recommandations des usager·e·s. À l’aide d’un formulaire sur le site web, il est possible de chercher ou recommander un·e gynécologue, un·e psychologue, un·e kiné qui sait prendre en charge spécifiquement les lesbiennes, bies and co. 

www.gotogyneco.be 

Facebook, Instagram :  GoToGyneco

Écrit par Studeo

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