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Redonner du pouvoir aux femmes

Article rédigé par Flora Eveno pour Studéo

Harcèlement, viols, agressions physiques et verbales… L’autodéfense féministe propose un ensemble de techniques spécifiques aux filles et aux femmes pour se défendre dans un contexte d’agression ou d’oppression. Il s’agit avant tout d’apprendre à désamorcer un conflit. Le plus souvent, ça se passe avec des mots. 

Irene Zeilinger, sociologue, a fondé Garance, une association bruxelloise qui lutte par la prévention contre les violences basées sur le genre. « J’ai appris l’autodéfense féministe quand j’étais à l’université à Vienne en Autriche, c’était très répandu. Ça me paraissait une bonne idée d’apprendre quoi faire en cas d’agression. J’ai trouvé ça tellement enrichissant que j’ai voulu le partager avec d’autres femmes et devenir formatrice. Arrivée en Belgique, j’ai été très surprise de ne trouver aucune structure qui enseignait l’autodéfense féministe. Il y avait beaucoup de stéréotypes, comme quoi la pratique était contre les hommes, qu’elle donnait un faux sentiment de sécurité aux femmes et amplifiait les agressions… J’étais surprise d’avoir autant de résistance, y compris au sein du mouvement féministe. Avec deux amies, on a créé Garance avec comme objectif de combattre les a-priori sur la discipline et former d’autres formatrices. C’était il y a plus de 20 ans. Je crois que c’est réussi ! »

Comment se passe un stage ?

« L’autodéfense féministe comme nous la pratiquons est centrée sur la notion de limite personnelle, cette ligne qui sépare ce que je peux accepter de ce que je peux pas. Pour commencer, nous faisons des exercices pour savoir où elle se trouve. Sur cette base, on construit comment on peut réagir quand la limite n’est pas respectée. Comment je peux stopper la situation avant que ça n’aille plus loin. Comment je peux éviter que ça ne devienne une agression. Comment je peux poser mes limites, distraire un agresseur… et en dernier lieu si tout le reste n’a pas fonctionné, il y a la défense physique. On sait que c’est nécessaire dans une minorité de cas, même quand l’intention de nuire est là. Dans 80% des cas de tentatives de viols, les stratégies non-physiques mettent un terme à la situation. Et dans les 20% restants, la défense physique a de bonnes chances de fonctionner. »

Quelles recommandations donnez-vous aux étudiantes ?

« La situation des étudiantes n’est pas vraiment différente de celle des autres femmes. Il y a des rapports de pouvoir avec des professeurs, des rapports de genre avec des hommes. Les mêmes paramètres de violences se présentent. Il faut se méfier de certains types de violences qui sont peu médiatisées : les étudiantes aujourd’hui risquent bien plus de leur partenaire que d’un inconnu qui met de la drogue dans un verre… »

Faut-il éduquer les garçons ou apprendre aux filles à combattre ?

« Il faut faire les deux ! Mais on ne peut pas attendre que les hommes changent sans rien faire donc il faut aussi armer les femmes et les filles. Même si chez Garance, on ne travaille pas avec les hommes et les garçons, d’autres programmes le font. C’est important que les hommes se sentent concernés, se remettent en question et agissent à leur niveau. Ils peuvent par exemple interpeller leurs copains s’ils font des réflexions sexistes. Surtout quand on sait que l’effet de groupe peut encourager l’agression. Si quelqu’un intervient, ça peut changer la situation et casser cette ambiance propice à l’agression. »

Est-ce que la meilleure défense est l’attaque ?

« La meilleure défense, c’est celle qui marche ! Il n’y a pas de méthode miracle. Les situations sont trop différentes. Ce qui est utile c’est d’avoir une boîte à outils dans laquelle on peut piocher en fonction de la situation, de la personne en face, de comment on se sent, des risques… La meilleure défense c’est celle avec laquelle je me sens bien ! »

Les stages en pratique

Durée : un week-end. Tarif : 70 € (20 € pour les personnes rencontrant des difficultés financières, 90 € pour le tarif “soutien” qui aide la suivante à payer son stage.

Brochure « Échappez belle – le guide pratique de la sécurité pour femmes » à télécharger gratuitement sur le site de Garance. www.garance.be 

Écrit par Studeo

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