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J’ai discuté avec mon coloc #1 : Le féminisme

« J’ai discuté avec mon coloc », c’est quoi ? C’est la rubrique dédiée aux opinions, billets d’humeur, coups de cœur et coups de gueule des étudiants. Pour chaque « J’ai discuté avec mon coloc », on aborde une thématique sous la vision d’un étudiant de Belgique francophone. Tu es étudiant·e et tu voudrais parler d’un sujet en particulier ? Contacte-nous.



J’ai eu un débat avec un de mes coloc il y a peu. Le sujet ? Les femmes doivent-elles réellement encore se battre à l’heure actuelle pour obtenir l’égalité

Selon certains, nous avons atteint l’égalité homme-femme. Et pour être honnête, quand on retrace l’évolution de la femme dans la société, on peut être amené à penser ça. Après des années de lutte, les femmes ont tout de même réussi à avoir le droit de vote (1949) et ont commencé à s’émanciper dans la société. Et pourtant… 

Une accessibilité à tous les métiers ? Vraiment ? 

Tandis qu’en 1920, les femmes devaient encore demander l’autorisation à leur mari pour devenir avocate ou tout simplement pour aller travailler, aujourd’hui la femme est libre de faire n’importe quel métier. Ah oui, en est-on vraiment sûr ? Au final, avons-nous vraiment les mêmes accès à toutes les professions ? Sur le papier sans doute, mais dans la pratique, c’est tout autre chose. 

1 femme diplômée sur 2 aura choisi des études dans les soins de santé ou dans l’éducation (à l’inverse d’1 homme sur 5). Moins d’1 femme sur 10 réalisera des études dans les domaines dits « d’avenir », de la STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques). Et pour terminer, 1 femme sur 500 obtiendra un diplôme dans le domaine de la TIC (technologies de l’information et de la communication) contre 1 homme sur 25. 

Les femmes sont donc sur-représentées dans les métiers qui apportent une grande valeur sociétale (comme l’enseignement et les soins) mais qui sont sous-évalués économiquement parlant, autrement dit là où les travailleurs sont sous-payés. Et à l’inverse, les métiers dans les secteurs les plus rémunérés sont représentés en grande majorité par des hommes (comme l’informatique et la technologie). 

Avant que vous ne disiez une bêtise, posez-vous la question suivante : « est-ce que c’est réellement dû au fait que les hommes sont plus intelligents, plus logiques et les femmes plus empathiques ? Ou est-ce que ceci n’est rien d’autre qu’un vulgaire stéréotype ? » Et si notre choix d’étude était conditionné ? Et si nous étions influencés depuis toujours par notre environnement, notre entourage, notre éducation pour choisir tel ou tel métier ?

Pas convaincu·e ?

 Vous saviez qu’un des premiers langages de programmation avait été créé par Grace Hopper juste après la seconde guerre mondiale ? Ou encore que la première entreprise de logiciels a été fondée par Elsie Shutter ? Parce que, oui, jusqu’en 1980, les femmes étaient autant présentes que les hommes dans le monde de l’informatique. Et puis en 1985, les premiers ordinateurs personnels ont été vendus en guise de jouet aux … garçons. Les camions, les ballons, les PC pour les garçons. Les faux aspirateurs, les Barbies et les robes de princesses pour les filles ! Un stéréotype qui nous a coûté très cher. Les garçons, habitués à utiliser de telles machines, pouvaient facilement rentrer dans une école d’informatique à l’inverse des filles qui n’en avaient jamais utilisées ! 

Il faut aussi savoir que 44% des femmes travaillent à temps partiel contre seulement 11% des hommes. Je vous laisse deviner la raison ? Non, je vous la donne en mille, elles ont un deuxième travail : celui de gérer une famille, une maison et la charge mentale qui va avec !  Parce que oui, en 2021, les femmes doivent encore se charger de la majorité des tâches ménagères, de la cuisine et s’occuper des enfants !

Une société dans laquelle chaque individu est évalué sans préjugés ? Non, je ne crois pas ! 

« Des stéréotypes basés sur le genre sont profondément enracinés en nous, et cela depuis des siècles. Ils ne sont pas toujours visibles. En revanche, leurs conséquences sont très lourdes. Lors de la sélection et du recrutement des candidats à un emploi, par exemple » (Alexander De Croo, 2018, p.41) 

Des traitements différents en fonction du sexe, du genre ou de la race. Nous en sommes encore là. Monsieur De Croo, dans son livre « Le siècle de la femme », donne quelques exemples qui m’ont fait halluciner. Je vous en partage deux.  Le premier concerne le recrutement : je ne vous apprends rien quand je vous dis que les personnes plus attirantes ont de meilleures chances d’être retenues par des recruteurs (et ce, sur CV identiques). Figurez-vous que si vous êtes un homme jugé attirant, vous aurez 2 fois plus de chance d’être retenu et que ce chiffre grimpe jusqu’à 6 fois plus si vous êtes une femme. Le second montre à quel point, dès le plus jeune âge, et ce, au sein même d’une famille, les stéréotypes sont présents : la recherche « mon fils est-il HP ? » sur google revient deux fois plus que « ma fille est-elle HP? ». 

Nous sommes confrontés à ces préjugés depuis notre plus tendre enfance, notre éducation est basée sur ces stéréotypes. Et comme le dit notre premier ministre, on devient ce que l’on apprend. Notre réflexion est donc conditionnée par cet environnement. Nous sommes, d’une certaine manière, nous les femmes, conditionnées à être sous-estimées et à se sous-estimer nous-mêmes. Et à l’inverse, les hommes sont conditionnés à être surestimés et à se surestimer. 

Je vous invite à aller suivre @pepitesexiste sur Instagram : ce compte a pour but d’afficher les entreprises qui utilisent du marketing genré et de faire tomber les stéréotypes. Le rose pour les filles et bleu pour les garçons … BLABLABLA. Il serait temps de changer de disque ainsi que l’éducation et l’environnement dans lequel les enfants de demain évolueront.   

Une société dans laquelle la femme a toute sa place ? 

Pour moi, c’est sans doute l’une des raisons les plus importantes pour laquelle le féminisme est encore si important dans notre société. 

La femme n’a pas encore réussi à se faire une place dans la société, dans laquelle elle se sent en sécurité. Encore aujourd’hui, les femmes hésitent ou décident de ne pas sortir après 22 heures. Encore aujourd’hui, les femmes insèrent leurs clés entre leurs doigts au cas où. Encore aujourd’hui, les femmes sont tuées par leur conjoint. Encore aujourd’hui, le viol conjugal n’est pas vu comme un véritable viol. 

La femme est quotidiennement réduite à un corps sexualisé. Je reprends les mots si juste de @thegingerchloe : « On a besoin du féminisme car les gens demandent encore ce que portait la victime ». Ceci n’est pas normal. La grande majorité des femmes connaitront dans leur vie du harcèlement de rue, des mains baladeuses, des attouchements non consentis, voire un viol. Nous ne sommes pas en sécurité dans cette société. Attention, je ne suis pas contre les hommes. Au même titre que l’ont été les femmes, les hommes aussi ont été éduqués dans une société patriarcale. Et s’ils en viennent à avoir un comportement non adapté, c’est sans doute qu’ils n’ont pas appris à faire autrement. Qu’ils n’ont pas appris à accepter un non. Qu’ils n’ont pas appris à contrôler leur pulsion. Aujourd’hui, la société apprend aux filles à ne pas se faire violer alors qu’elle devrait apprendre aux garçons à ne pas violer. La société rejette la faute sur la fille, de par son comportement aguicheur, de par ses vêtements trop courts, de par son taux d’alcoolémie trop élevé. Mais le seul responsable d’un vol à main armée est le voleur et non pas le gérant du magasin qui n’a pas mis d’alarme, non ? Alors pourquoi ? Pourquoi la société protège les hommes et les conforte dans leurs actes barbares ?

Pourquoi la société privilégie-t-elle encore les hommes ? 

Je pense avoir une partie de réponse : la société a été construite par et pour les hommes. Une société patriarcale où règne une fraternité incroyable. C’est pour cette raison que nous devons continuer à être féministe (femme comme homme). Parce que selon moi, le rôle du féminisme est de rendre aux femmes leur juste place dans la société. Et tant qu’elles n’auront pas acquis cette place (et pas uniquement au niveau légal), nous (la société entière) devons toujours nous battre. 

La société égalitaire est celle dans laquelle les femmes pourront décider librement de leurs actions, de leurs paroles. C’est celle dans laquelle les femmes pourront s’épanouir librement. C’est celle dans laquelle les femmes seront respectées, comprises, incluses. 

PS : le féminisme ne se réduit pas à cet article, les raisons de ce mouvement sont innombrables. J’ai juste essayé d’éveiller votre intérêt pour cette lutte et de vous sensibiliser assez pour espérer que vous en ferez aussi un petit combat. Homme ou femme, nous avons tous une responsabilité. 

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Écrit par Guiot Orlanne

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