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La contraception, une charge mentale pour les femmes ?

@Pexels - C Technical

Quand on entend “charge mentale”, on a directement l’image de la maman en train de gérer toutes les tâches ménagères ainsi que ses 4 enfants… Pourtant même les étudiantes subissent une certaine charge mentale sur un tout autre aspect de leur vie!

Depuis mes tout premiers rapports sexuels, j’ai toujours pris en charge la contraception. Cela s’est fait de manière très naturelle, sans se poser de questions… Je me suis rendue chez mon médecin et j’ai demandé la pilule. A aucun moment, je n’ai pensé à un autre moyen de contraception. J’ai bien marqué « je », parce qu’honnêtement, c’est tellement ancré dans les mœurs que nos partenaires masculins ne s’en préoccupent même pas. Quant au préservatif, il me paraissait inutile étant donné que ma première fois était aussi celle de mon premier partenaire. Dans ma tête, la seule option était la pilule. D’ailleurs, tout le long de cet article, je ne vous parlerai que de ce moyen de contraception étant donné que ça a toujours été le seul que j’ai utilisé. 

En parlant de préservatif, je vous explique ce qu’est le stealthing dans un autre article ! Kotplanet vous donne aussi ces conseils si jamais vous allez passer le cap de votre première fois.  

Des mœurs bien ancrées

Durant un célibat de longue période, je décide d’arrêter la pilule (parce que je considère que prendre des hormones continuellement n’est pas forcément bon pour mon corps). Quelques mois plus tard, je rencontre un nouveau garçon. Au début, j’utilise le préservatif. D’une part pour me protéger des MST, et d’autre part parce que je ne souhaite pas reprendre une contraception hormonale. Après moins d’un mois de relation, j’en viens à reprendre ma chère copine, la pilule, pour satisfaire Monsieur qui n’aime pas “ce bout de caoutchouc”. Et pour être honnête, tout s’est fait à nouveau de manière très naturelle. C’est d’ailleurs tellement naturel que ce soient les femmes à qui incombe la contraception, que la question de la prise en charge de celle-ci est rarement abordée au sein d’un couple. Selon une étude de Solidaris réalisée en 2017, 1 femme sur 2 décide seule du moyen de contraception dans le couple. Et attention, ce n’est pas parce qu’ils décident à deux que ça signifie que l’homme en prend la responsabilité, loin de là. En 2017, quasiment 7 femmes sur 10 utilisent un moyen de contraception contre seulement 3 hommes sur 10.

84% des hommes considèrent que leur partenaire est hautement impliqué(e) dans la contraception au sein du couple. A l’inverse, seulement 33% des femmes considèrent leur partenaire impliqué.  Sans déconner ?!

Les femmes sont tellement habituées (dans une relation hétérosexuée) à prendre en charge la contraception, qu’elles n’analysent pas forcément toutes les options. Ou pire, si elles les connaissent, elles ne poussent pas leur partenaire à les envisager, parce qu’après tout c’est comme ça

Vous saviez d’ailleurs que la première personne qui conseille les femmes sur les contraceptifs est le gynécologue (77%) alors que chez les hommes, le conseiller le plus cité est la partenaire (37%) ?  On se trouve clairement dans un problème d’éducation nationale. 

Où est le partage des responsabilités ? 

Depuis l’âge de mes 15 ans, je dois penser chaque jour, à la même heure, à prendre ce médicament (parce que, oui, appelons un chat un chat). Ce médicament qui n’est pas sans conséquence pour notre corps (mais ça, c’est un autre débat). Bref, c’est toute une organisation qui impose une certaine pression quotidienne aux filles. La question « Ai-je pris la pilule aujourd’hui ? » me vient en tête au minimum 5 jours sur 7. Parfois, par peur d’avoir oublié cette dose d’hormone, je panique toute la journée et j’attends impatiemment le retour à la maison pour foncer vérifier dans la salle de bain. Le must de stress, c’est quand tu vas aux toilettes et que tes selles (pour parler poliment) sont molles, voire liquides. Parce que, oui, si tu as la diarrhée peu de temps après avoir pris la pilule, tu dois en reprendre une. Mais que signifie réellement diarrhée ? Est-ce que je suis sûre que là ça passe ? 

En plus de devoir analyser nos selles, calculer les heures, penser au quotidien à ce médicament et en assurer la bonne prise, nous devons en supporter le coût. 9 femmes sur 10 payent elles-mêmes leur contraception.  

Le monde à l’envers… 

Et vous voulez savoir un truc fou ? Les femmes ne sont fertiles que 4 à 5 jours par mois tandis que les hommes le sont H24. C’est un peu le monde à l’envers non ? Les personnes qui ont le plus besoin de se protéger pour ne pas créer la vie se déresponsabilisent de toute cette charge de contraception. Pourquoi ? J’ai ma petite idée sur la question. Celles qui devront subir les conséquences d’un rapport sexuel restent les femmes, les conséquences étant le polichinelle dans le tiroir. Si, à l’inverse, les conséquences étaient subies par les hommes, je suis certaine qu’ils se soucieraient beaucoup plus de la contraception. 

Et si les hommes devenaient aussi acteurs dans leur propre fertilité ? Ils pourraient de la sorte choisir de manière plus responsable le moment où il désire être pères. Non pas que ce choix ne reviendrait qu’à eux, mais ils deviendraient réellement actifs dans cette décision. Et puis tout simplement, vous ne trouvez pas que le partage de cette responsabilité permettrait d’avoir un monde plus juste et plus équitable ? 

Sources : 

Education santé. Contraception : où sont les hommes ?

Solidaris institut. Grande enquête contraception.

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Écrit par Guiot Orlanne

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