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Souffrir de dépression durant ses études

Cet article a été rédigé dans le cadre du « J’ai discuté avec mon coloc #14 : la dépression. « J’ai discuté avec mon coloc », c’est quoi ? C’est la rubrique dédiée aux opinions, billets d’humeur, coups de cœur et coups de gueule des étudiants. Pour chaque « J’ai discuté avec mon coloc », on aborde une thématique sous la vision d’un étudiant de Belgique francophone. Tu es étudiant·e et tu voudrais parler d’un sujet en particulier ? Contacte-nous.


La dépression, ce gros mot qui n’a pas sa place dans le monde estudiantin ou de jeune travail, est en réalité une réalité ! Une étude a en effet été menée par des chercheurs et chercheuses de l’ULB, de l’UCL et de l’ULiège à laquelle plus de 23 000 étudiants ont participé. Le verdict est lourd : depuis la crise sanitaire plus de la moitié des étudiants belges francophones présenteraient des symptômes dépressifs et d’anxiété. Le burnout chez les étudiants est bel et bien réel. 

J’ai moi-même vécu des périodes dépressives qui m’ont semblées illégitimes dû à mon âge et à mon manque de « véritables problèmes ». Mais finalement, y a-t-il un âge légitime à une dépression ? Existe-t-il de véritables problèmes ? 

Je ne suis pas légitime. Je suis jeune, à l’aube de ma vie…

Quand on est étudiant ou jeune travailleur, nous sommes dans des positions qui ne nous donnent pas forcément une légitimité à tomber en dépression. Du moins, c’est ce que je croyais où c’est ce qu’on a essayé de me faire croire. Nous sommes jeunes, à l’aube de notre vie, pour la majorité d’entre nous, en bonne santé, de quoi pourrions-nous donc nous plaindre ?  Combien d’entre nous n’ont jamais entendu cette phrase : « Profite tant que tu es encore étudiant, tu verras quand tu seras dans la vie active ce que c’est les vrais problèmes/la vraie vie ». (Parce que c’est bien connu, les vrais problèmes sont pour les darons et on vit une fausse vie avant d’avoir 35 ans.

Ce sont dans ces conditions, qu’on nous enlève notre légitimité, notre droit de nous sentir mal. Mais figure-toi que la première fois que j’ai connu un épisode dépressif, j’avais 18 ans. Pour la première fois de ma vie, je connaissais l’échec. Enfant, nous avons cette naïveté, cette insouciance qui nous protège d’une certaine manière des maux que la vie peut nous infliger. Je venais de quitter le confort familial pour me lancer dans ma vie estudiantine. Pleine d’espoir et d’impatience, je n’attendais qu’une chose :  arriver dans mon nouveau chez moi et démarrer ma nouvelle vie. La réalité à été bien rude, mes espérances se sont heurtées à un mur si épais que ça m’a brisé. Il m’a fallu 1 an pour m’en remettre. Les jeunes sont autant légitimes à vivre des moments difficiles, à rencontrer des problèmes qui les minent que les « adultes ». (Par adultes, j’entends personnes (généralement parents) qui ont déjà un background et qui ont rencontré des problèmes « vus » comme suffisants pour être légitime d’être mal).

 Il n’y a pas d’échelle de malheurs, ni d’âge à atteindre pour pouvoir s’autoriser d’être mal ou pour pouvoir « prétendre » être reconnu.e comme dépressif.ve. Il n’y a que des personnes, de tout âge, qui rencontrent des événements de la vie parfois trop rudes et trop difficiles à gérer. Par-là, j’entends qu’il ne faut pas obligatoirement avoir vécu un drame comme la perte d’un être cher, avoir raté ses études, avoir subi une agression ou autres. Ces évènements ne sont parfois pas des traumatismes comme on peut les imaginer. Ils sont quelquefois indirects, petits mais cumulés, tellement profonds qu’invisibles. Ils sont finalement ce que ressent la personne, et seule elle est amène de juger s’ils sont trop lourds à encaisser pour pouvoir bien les vivre. Tout le monde a le droit d’être mal. Tout le monde est donc légitime à tomber en dépression. 

Je n’ose pas me l’admettre, je suis honteuse 

Il est plus facile de dire qu’on a une angine, une pneumonie ou même encore le covid plutôt que de (s’) avouer qu’on est atteint de cette maladie. Parce que oui, c’est bel et bien aussi une maladie. Ce n’est ni une question de force de caractère, ni une question de courage. Une maladie n’est jamais choisie. On ne choisit pas d’avoir la grippe comme on ne choisit pas d’être mal psychologiquement. 

Il m’a fallu longtemps pour admettre que je n’allais pas bien. « Je vis une mauvaise passe, mais ça va passer ». Mais parfois les passes ne passent tout simplement pas. On se lève avec de l’anxiété et une perte de motivation. On s’endort avec une tristesse profonde (si on arrive à s’endormir). On passe nos journées à traîner ce boulet qui se glisse tantôt dans notre ventre, tantôt dans notre gorge, tantôt dans notre poitrine. Il est parfois tellement lourd qu’il nous oblige à nous coucher dans notre lit. Il est alors si difficile d’en sortir que la nuit est arrivée et que nous sommes toujours en pyjama à attendre que la douleur passe. Une douleur invisible, que les autres n’arrivent parfois (généralement) pas à comprendre. Mais pourtant, elle est bien là. La nourriture est la seule chose qui nous force à nous lever, ça au moins, c’est réconfortant. Ou à l’inverse, tout nous dégoûte tellement que nous n’avalons plus rien. Si tu vis ça, il est temps de te l’avouer, tu es malade. Et ceci n’est pas un gros mot. Quand tu as une grippe, tu vas chez le médecin. Il est peut-être temps de prendre soin de toi et de l’appeler. 

Mais je te rassure, la vie ne peut pas être aussi terne. Notre rationalité est bafouée par toutes nos pensées troubles. Nous ne sommes plus capables de comprendre réellement le pourquoi du comment, ni même de savoir ce qui est vraiment bon pour nous. C’est pour cette raison qu’il est impératif de s’entourer et d’en parler. Je n’étais plus lucide, j’ai connu des moments de crise de déformation de la réalité et d’anxiété profonde. J’ai vu le monde en négatif (celleux qui ont la ref, vous êtes des vrai.es) et comme un gouffre sans fond.  Et pourtant le monde et la vie ont tellement de choses à nous apporter. Malgré tout ce qu’on peut penser, nous ne sommes pas seul.es. Tu n’es pas seul.e. 

Si jamais, tu n’arrives pas à te confier à tes ami.es et que tu sens que tu as besoin d’aide, que tu as des idées noires voir même suicidaires, n’hésite pas à appeler ce numéro 0800 32 123.

Ne sois pas honteux.se, l’avouer est la première étape. C’est le premier pas qui indique que tu vas pouvoir aller de l’avant. C’est bon signe. 

Promis, ça va aller

J’ai vu une psychologue pour m’aider à comprendre mon état. Je me suis entourée d’ami.es. Je suis sortie de ce cercle vicieux en m’écoutant, en acceptant mes moments de down mais en m’obligeant à ne pas y rester trop longtemps. J’ai trouvé réconfort dans l’écriture. J’ai 24 ans et je tiens toujours un journal intime. Seul lui connait mes pensées les plus profondes. À certains moments, je suis tellement envahie de toutes ces pensées qui n’ont ni queue ni tête que seul l’écriture permet d’allumer les phares dans ce brouillard. « Si tu as envie de rire, ris. Si tu as envie de pleurer, pleure. Si tu ne sais pas quoi faire, écris » : voilà ma devise. Essaie de trouver une activité qui te permettra d’évacuer, comme la musique, la danse, le sport, la nature, peu importe. Une activité exutoire comme l’a été pour moi l’écriture.  

Voici encore d’autres conseils qui t’aideront à trouver les clés du bonheur parce que oui, promis, toi aussi tu as le droit et tu vas être heureux.se.  

La paix intérieure existe, en se laissant du temps, en s’écoutant, on parvient à la trouver. Je ne peux pas te dire que je suis guérie de ces blessures. Elles m’ont fait grandir mais me terrorisent quand j’en ressens encore les cicatrices. Mais je suis fière d’en être ressortir. Et s’il suffisait d’y croire ? De croire en nous ? De croire en l’avenir ? 

Rien n’est figé dans la vie, tout peut changer. Aujourd’hui, la vie te semble incohérente, elle est fade voir terne. Mais si je te disais que le bonheur n’est pas loin ?

Sur le ton de l’humour, tu sais ce qui peut te rendre le sourir quand ca ne va pas ? Nos comptes Instagram et TikTok (oui bon ok je sors…)

Écrit par Guiot Orlanne

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