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Comment affiner son sens critique ?

@Pexels - George Milton

Rédigé par Cilou de Bruyn pour Studéo

Et si, à l’heure des fake news, des affirmations de super-spécialistes auto-proclamés, l’on apprenait à forger sa propre réflexion ? Prendre conscience de ses processus cognitifs, développer le scepticisme, dissocier l’émotion de la réflexion, trier ses croyances… Bref, affiner son sens critique.

Elles nous tombent de partout, les infos. Passivement, on les regarde défiler, celles qui alertent, celles qui distraient, celles qui apprennent, celles qui élèvent, celles qu’on cherche et qui même alors s’avèrent vraies ou fausses, superflues ou subversives, essentielles ou superficielles. Alors, comment se frayer un chemin dans ce flux d’infos diffus, comment se forger sa propre opinion, comment apprendre à réfléchir pour retenir l’utile ? « Apprendre sans penser est inutile, mais penser sans apprendre est dangereux », disait Confucius il y a 2500 ans.

Penser ses propres pensées

Du latin pensare peser / comparer, penser est une activité psychique, parfois inconsciente ou incontrôlée, qui répond aux sensations réelles ou imaginaires pour apprendre, créer, agir et communiquer, selon Wikipédia. Les sensations renseignent, tout de suite confrontées à la mémoire qui quasi instinctivement jauge avant que n’intervienne l’analyse, et la véritable réflexion. Sans perdre de vue que « si elle n’est pas enracinée dans la conscience, la pensée devient égoïste et dysfonctionnelle » lit-on dans les ouvrages de Eckhart Tolle, le gourou du moment présent. 


Il s’agit donc de comprendre ses propres processus d’apprentissage pour mieux apprendre à apprendre. Savoir ce que l’on sait, savoir ce que l’on ne sait pas, car une mauvaise connaissance de nos connaissances nous empêche de voir en quoi elles se distinguent de simples croyances ou de prendre les opinions pour des informations. C’est cela être en connexion avec la métacognition, voir au-delà pour mieux savoir. 

Le jogging du cerveau

Si être humain, c’est se poser des questions – existentielles, universelles, intemporelles -, la capacité à raisonner n’est pas innée. L’analyse, l’argumentation, la réflexion s’apprennent et parce que le cerveau est un muscle, ça s’affûte et s’assouplit. Apprendre à penser par soi-même pour parvenir à lutter contre les préjugés et déjouer les biais cognitifs, ces filtres émotionnels automatiques, demande un certain entraînement. Savoir extraire quelque chose de plus grand du brouhaha ambiant, danser sur toutes les contradictions du monde pour affiner son discernement, c’est le travail de toute une vie.

Pour développer l’esprit critique, il est toujours bon d’avoir recours à la philosophie parce qu’elle élargit le champ de la pensée et aiguise le raisonnement, un moyen de se libérer des croyances irrationnelles. Et, parce que la philo démontre qu’il n’y a pas qu’une seule réponse possible, c’est normal de ne pas être d’accord, de ne pas savoir, de douter. « L’intelligence d’un individu se mesure à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter », souligne d’ailleurs Emmanuel Kant. 

Alors, on saupoudrera les infos d’un zeste de scepticisme, opposé aux dogmatismes réducteurs par son refus d’admettre quelque chose sans examen critique. Ce n’est pas pour rien que le mode de pensée critique, déjà préconisé par Socrate et autres philosophes grecs, fait partie des « soft skills », ces compétences humaines aujourd’hui autant valorisées que les diplômes ou les expériences professionnelles. 

Alors, on fera même appel à la métacognition pour améliorer ses compétences sportives, dresser le bilan des résultats passés, planifier la fréquence et l’intensité des entraînements, décider du régime alimentaire adapté, analyser les stratégies de l’adversaire.
Alors, on déduira que l’attention est peut-être plus importante que l’information.


Et, de toute façon, à observer comment on pense, on apprend à mieux se connaître.

C’est déjà ça de gagné.

Astuces pour booster votre esprit critique

  • Écoutez vos sensations et ce que l’info suscite en vous.
  • Prenez conscience de vos filtres moraux instinctifs, souvent liés à la mémoire.
  • Travaillez votre attention, observez, détaillez, analysez sans forcément conclure.
  • Osez douter, remettre en question et vous tromper. 
  • Vérifiez systématiquement l’exactitude des informations.
  • Challengez différentes hypothèses, élargissez vos perspectives. 
  • Dissociez vos émotions des influences et autres tendances.
  • Développez votre système immunitaire intellectuel.
  • Soyez proactif plutôt que réactif, fixez-vous des objectifs même sans enjeu.
  • Évitez la tendance clivante et dichotomique du bon/mauvais, j’aime/j’aime pas.
  • Veillez à ne pas d’emblée déclarer vraies les idées que vous aimez.
  • Offrez-vous des pauses réflexives.
  • Pratiquez la zététique, l’art du doute raisonnable.
  • Privilégiez l’humour, jouez avec la réalité, et relativisez.
  • Soyez libre, sortez du cadre.
  • Entraînez votre cerveau avec des jeux cérébraux : evalquiz.com/tests/cerebral. 

Écrit par Studeo

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