Blocus : pour ou contre ?

Chaque année à cette période, vous vous préparez, comme la grande majorité des étudiants belges, à affronter cette interminable torture intellectuelle : le blocus. Vous avez renfloué votre stock de fluos, de bics et de blocs de feuilles. Votre maman chérie a lavé vos vêtements les plus confortables et vous fournit en vitamines C, D, B6, B8, B12, et tutti quanti. Bref, ça y est : vous êtes prêts.

Cependant, une question vous trotte dans la tête : Pourquoi ? Pourquoi diable devez-vous, pendant deux à trois mois par an, vous échiner à retenir par cœur des syllabi indigestes et des dates par centaines ou à résoudre des dizaines d’exercices ? Pourquoi est-ce si important de savoir le jour de l’examen ce que vous aurez oublié le lendemain ?

Le blocus : un avantage

Eh oui, la bête noire de tous les étudiants belges présente, avant tout, un avantage majeur : ici, les cigales ont autant de chances (voire même plus) que les fourmis. Que vous soyez de ceux qui prêchent pour un travail régulier (malgré les répercussions probables du combo étude quotidienne + blocus + session sur votre santé mentale) ou que vous adoptiez la stratégie du last minute, le défi du système universitaire est de trouver le meilleur ratio effort/résultat possible.

Comme vous ne devez vous soumettre à aucune évaluation régulière, il est tout à fait possible (pour votre plus grand plaisir) de danser, chanter, flâner et vous amuser jusqu’en S6 (minimum). D’ailleurs, ce n’est pas pour rien si à Louvain-la-Neuve il est coutume d’entendre de la bouche des étudiants : « S6, grande diss’ » ou « S10, tu bosses ou tu bisses ».

Retenir aujourd’hui pour mieux oublier demain ?

Si le blocus vous permet de profiter pleinement de toutes les activités organisées pendant le quadri, on peut se demander s’il vous permet vraiment d’assimiler la matière. Le travail intensif et parcellaire concentré sur de courtes périodes sollicite essentiellement votre mémoire à court terme. Celle-ci est particulièrement efficace pour emmagasiner en peu de temps de grandes quantités de matière mais ne vous permet malheureusement pas d’ancrer vos connaissances dans la durée. Ainsi, à la fin de votre parcours, il n’est pas impossible que vous n’ayez retenu de vos cours que les informations principales répétées d’année en année. Bref, avec un peu de chance, vous aurez surtout acquis une bonne résistance à la pression et une détermination à toute épreuve (et peut être aussi un entrainement au confinement, ça peut toujours servir).

Par contre, la créativité, la curiosité, l’envie d’apprendre de nouvelles choses, l’esprit critique, la recherche et l’organisation quotidienne ne font que rarement partie du programme universitaire belge et resteront, en général, dans le domaine de « l’extra-scolaire ».

Pédagogie active : comment apprendre sans étudier ?

Alors que l’autonomie et l’autodétermination dominent largement toutes les autres sphères de la vie, le modèle éducatif belge semble encore et toujours résister à l’envahisseur puisqu’il se base sur une pédagogie classique et traditionnelle fondée sur la transmission asymétrique du savoir.

Cependant, depuis plusieurs années, ce modèle traditionnel est fondamentalement remis en question et tous les regards se tournent vers le modèle éducatif scandinave.

Axé sur la pédagogie active, ce système met l’élève sur un pied d’égalité avec le professeur. Pour les plus jeunes, les programmes scolaires sont adaptés aux envies des enfants. Les matières « classiques » telles que les mathématiques ou les cours de langues sont abordées à travers des mises en situation, des cas pratiques et des exercices. De plus, chaque semaine (voire chaque jour), les enfants éveillent leur esprit à travers des activités plus ludiques telles que des balades en forêt, des ateliers de cuisine ou d’arts plastiques, etc. Dans certaines écoles, il n’existe ni devoir ni examen, c’est l’enseignant qui décide en fonction de la relation particulière qu’il a nouée avec son élève et des observations qu’il a pu faire au cours de l’année si ce dernier est apte à accéder à la classe supérieure. L’accent est également mis sur l’auto-évaluation de l’élève par rapport à ses capacités.

Ces changements structurels dans la manière de concevoir l’éducation se ressentent également à l’université.  Fonctionnant pour la plupart sur base de « classes inversées », les étudiants, encouragés à s’approprier la matière, doivent préparer, par eux-mêmes, le contenu des cours. De leur côté, les professeurs construisent leurs leçons selon les questions qui leur sont posées et offrent un éclairage sur les éléments-clés des textes et des syllabi. De manière générale, le rapport professeur-étudiant se fonde sur un respect mutuel et une confiance en les connaissances et les capacités de chacun. Les évaluations, axées sur la réflexion, se présentent la plupart du temps sous forme de travaux ou de « take-home exam » à cours ouverts. Les enseignants ne craignent donc pas la tricherie puisque seule l’originalité de la réflexion construite par l’étudiant importe réellement.

Vers un nouvel équilibre de l’année universitaire ?

Bien que le fameux blocus belge soit particulièrement ancré dans les mœurs universitaires, peut-être n’est-il pas une fin en soi. En effet, depuis l’année dernière, la Louvain School of Management de Louvain-la-Neuve a décidé de réorganiser son calendrier académique (en même temps, c’est sa spécialité l’organisation). La matière est désormais répartie différemment afin d’aménager, à la moitié de chaque quadrimestre, une semaine d’examen supplémentaire, allégeant ainsi la session commune et leur blocus.

Les universités et hautes écoles belges vont-elles suivre le mouvement ?

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